Voilà une nouvelle année qui commence et qui sera marquée par des enjeux d’importance pour notre pays, que sont les élections présidentielles et législatives. Les salariés doivent mesurer le danger de voir le front national arrivé au pouvoir et lutter contre la réélection de Nicolas Sarkozy. Mais avant d’aborder l’année 2012, faisons un bref tour d’horizon de ce qu’a été l’année 2011.
L’année qui
vient de s’écouler a été riche d’évènements tant
économiques, que sociaux ou envi-ronnementaux.
A ce sujet, nous reviennent les images du séisme qui s’est produit au Japon au mois de mars, déclenchant un tsunami, tuant 20000 personnes, endommageant les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima et provoquant une catastrophe écologique.
Cet accident nu-cléaire classé au plus haut degré de gravité, contamina les habitants, le bétail, la terre, les cul-tures, les eaux.
Aujourd’hui, déjà pneumonies, leucémies, problèmes hormonaux se multiplient chez les 2 millions d’habitants de la région sinistrée.
Au-delà du malheur que vivent les japonais, cet accident a relancé le débat sur le nucléaire et les risques qu’il représente si les conditions de son exploitation ne sont pas optimales.
Or, malheureusement, nombreux sont ceux qui dénoncent, et parmi eux la CGT, le recours abusif à la sous-traitance, notamment pour la sécurité et la maintenance des centrales nucléaires.
Toujours pour les
mêmes raisons, celles du profit, des pans entiers d’activité
sont externa-lisés, et les salariés de la Source Perrier en ont
suffisamment payé les frais.
Un personnel
qualifié, payé à sa juste valeur, avec des conditions de travail
organisées et respectueuses de la légalité, sont gages de sécurité
et de santé publique en ce qui concerne le nucléaire.
Un ouvrier d’une entreprise sous-traitante a perdu la vie à Marcoule cet automne dans un accident qui aurait sans nul doute pu être évité.
Des militants de Greenpeace se sont introduits et se sont cachés dans plusieurs sites nucléaires pour justement dénoncer et prouver les manquements à la sécurité.
L’année 2011 a
vu aussi naître des collectifs contre l’exploitation du gaz
de schiste.
Des permis de prospection ont été accordés en catimini par le gouvernement à des multinationales comme Total et des grands groupes américains et ce malgré le grenelle de l’environnement.
Notre région est particulièrement touchée avec le permis d’exploration dit de Montélimar.
Nous avons alerté la direction quant à l’impact sur nos nappes d’eau minérale et avons reçu l’assurance qu’au plus haut niveau de Nestlé Waters, 2 ministres du gouvernement avaient été interpellés et que la vigilance s’imposait. L’affaire n’est pas finie, à suivre…
Prendre en compte
les besoins environnementaux est nécessaire pour éviter et résoudre
les pro-blèmes de santé publique.
La transformation
des systèmes productifs pour le bien des êtres hu-mains et de la
nature en général, investir dans les services publics du transport,
de l’énergie, du logement et bien d’autres, relancerait
l’économie, serait créateur d’emplois et améliorerait
consi-dérablement les conditions de vie.
Il y a un an,
sonnait en Tunisie une révolte légitime après qu’un jeune se
soit immolé par le feu, parce que malgré ces diplômes il vivait
dans une insupportable précarité.
D’autres pays ont suivi ce mouvement, ce qu’on a appelé le printemps arabe.
Des semaines, des mois de manifestations violentes entraînant de trop nombreuses morts, pour faire chuter des dictatures présentes depuis des décennies et dénoncer une situation de très grande pauvreté et une jeunesse sans avenir.
Cette révolution n’a pas signé la fin d’une ère, et la route sera longue avant que ces pays retrouvent une situation politique, économique et sociale stabilisée.
Certains de ces pays ont vu pour la première fois en 2011 des élections démocratiques. Les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des espérances de ceux qui avaient manifesté.
Mais souhaitons à ces peuples que souffle un jour le vent de la liberté, pour laquelle beaucoup ont perdu la vie, souffrant trop longtemps de colonisations, de dictatures, d’extrémismes religieux et de guerre dont ils ne sont que les innocentes victimes.
Des dictatures sont tombées cette année : Qu’ils s’appellent Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, nous ne les pleurons pas car trop de sang ils ont fait couler, mais nous ne nous réjouissons pas des images de lynchage que les télévisions du monde ont montrées.
La révolution de
ces peuples leur appartient, et nous serons toujours aux côtés de
ceux qui souffrent et se battent pour un monde plus juste, pour la
liberté, pour l’égalité et la fraternité.
Après les fortes
mobilisations de 2010 contre la réforme des retraites, il est
difficile de rebondir syndicalement, alors même que les attaques
antisociales prolifèrent. Seules les actions unitaires des
syndicats parviennent à mobiliser nationalement.
La riposte forte et unitaire à laquelle la CGT a appelé pour lutter contre les mesures d’austérité, n’a pas eu d’échos chez les autres syndicats.
Mis à part les secteurs et les entreprises où les salariés étaient confrontés à des fermetures ou des pertes d’emploi, et nous pensons à nos camarades de Gémenos qui se battent formidablement et sans relâche, contre Unilever pour que la marque Eléphant reste en Provence, les mouvements sociaux nationaux étaient en baisse en 2011.
Nous regrettons que certains syndicats freinent ces mobilisations, car ça n’incite pas les gens à prendre leur destin en main.
Pourtant les attaques ne manquent pas de la part d’un gouvernement et d’un patronat qui se servent de la crise pour nous plonger tous les jours davantage dans la misère, la précarité, la flexibilité, la détresse et le désespoir.
Le président Sarkozy a plaidé dernièrement le « produire français ». Mais il ne leurre pas les ouvriers de ce pays, qui sont confrontés tous les jours à des mesures ultralibérales et anti sociales afin d’être toujours plus compétitifs par rapport à d’autres pays.
Plus compétitifs,
c’est nous imposer l’allongement du temps de travail,
la baisse des salaires et des niveaux de protection sociale ;
C’est le nivellement par le bas !
Plus compétitifs,
c’est plus d’argent dans les poches des actionnaires
!
La crise financière
a éclaté en Europe, touchant un à un tous les pays de l’union
européenne, avec des conséquences tragiques pour le peuple
grec.
Les européens ont
découvert ces fa-meuses agences de notation, créées par de grandes
entreprises, pour dicter les lois du marché et favoriser la
spéculation au détriment des femmes et des hommes.
Nous le répétons,
ces agences de notation n’ont aucune légitimité ! Qui les a
élues ?
Le triple A est un
sésame qui permet aux pays d’emprunter à plus bas coût sur
les marchés financiers. Le perdre entraîne une hausse des taux
d’intérêt aux pays, pour financer leur dette.
C’est une spirale infernale, et au bout du bout c’est le pauvre citoyen qui subit ! Plus le pays est endetté, plus les taux sont élevés, plus les gouvernements prennent des mesures antisociales : baisse des salaires, suppression de fonctionnaires entraînant la dégradation des services publics, déremboursement des frais de santé, hausse de TVA…
Mais toutes ces dégradations ne favorisent pas le retour à la croissance. Pour exemple, la dette publique de la Grèce était de 120 % du PIB à la veille du premier plan d’austérité, elle est maintenant à plus de 160 %.
Nous le répétons :
dans les entreprises nous subissons les décisions politiques
nationales et internationales.
Mi janvier, François
Baroin, ministre de l’économie a annoncé que la France avait
perdu son triple A, mais que ce n’était pas une catastrophe,
car a-t-il ajouté, ce ne sont pas les agences de notation qui
dictent la politique de la France.
De qui se moque t-on ? N’est ce pas au nom du triple A, que le gouvernement nous a infligé la casse du système de retraite, du système de santé, 2 plans d’austérité depuis l’été dernier.
Le gouvernement, le président Sarkozy et le MEDEF se servent de la crise économique, qu’eux et leurs amis ont créée, pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démentellement des services publics.
Une taxe a été créée pour faire appel à la justice. 35 € pour qu’un salarié exploité puisse saisir les prud’hommes ou une autre juridiction pour faire valoir ses droits.
On continue à supprimer des postes dans l’éducation nationale.
L’accès aux soins devient un parcours du combattant, la loi Bachelot favorisant la recherche de rentabilité optimale, ce qui induit une sélection des patients ou des pathologies alors même que la mission de service public impose la prise en charge de tous les patients.
A l’hôpital
on ne soigne plus des malades, on gère un budget !
En 2005, la majorité
des français a voté non au référendum sur la constitution
européenne.
Parce qu’ils refusaient l’Europe économique au profit d’une Europe sociale.
Les traités européens, notamment le traité de Lisbonne, ont détourné le résultat de ce référendum.
A travers le pacte Euro +, ce que nous craignions en 2005 est maintenant explicite : Réduire les dépenses sociales et publiques, pousser aux baisses de rémunération pour les aligner sur les salaires les plus bas d’Europe, voire dans le monde, précariser et flexibiliser le travail.
Au nom de la compétitivité, au nom de la baisse des coûts du travail, Mr Sarkozy propose l’abaissement des salaires et de la protection sociale, une nouvelle augmentation de la TVA déguisée derrière une TVA sociale ! Elle sera antisociale, car elle supprimera une partie des cotisations patronales qui servent à la solidarité, et augmentera le plus injuste des impôts qu’il soit.
Encore un cadeau aux patrons ! Il est grand temps que Mr Sarkozy, candidat en 2007 du pouvoir d’achat, celui là même qui prétendait pouvoir baisser le taux de chômage, quitte la présidence française.
Il aura été le président des grands patrons, le président de la finance. En 5 ans, la France a vu son nombre de chômeurs augmenter, sa population s’enfoncer un peu plus dans la pauvreté et la précarité.
De nombreuses familles ne peuvent ni se nourrir correctement, ni se loger dignement, ni se soigner convenablement.
Le nombre de travailleurs pauvres ne cesse de s’alourdir.
L’insécurité,
et notamment les vols continuent de progresser, malgré un discours
flirtant avec l’extrême droite.
La présidence
française de ces 5 dernières années a été une dégradation des
conditions de vie et il est grand temps de tourner la
page.
Mais attention, le
danger guette !
Le front
national a su adapter son image, son discours, pour séduire les
ouvriers qui ne croient plus à grand-chose, les retraités sensibles
aux messages d’insécurité, et les gens qui
souffrent.
Mais ne nous y trompons pas ! Toujours prêts à réagir à chaud sur des faits divers qui suscitent une grande émotion dans la population et surfer sur les peurs.
Mais ce n’est pas un programme ! Le retour au franc, la fermeture des frontières, la préférence nationale, Marine le Pen affiche clai-rement sa haine des autres, et rappelle les heures sombres d’un passé pas si ancien que peu ont connu, mais qu’aucun ne peut ignorer.
Des groupuscules nationalistes identitaires, nazis voient le jour et ne se cachent même plus.
L’extrême droite arrive au pouvoir petit à petit en Europe, comme en Hongrie, et il est de notre devoir de dénoncer et d’expliquer le danger que cela représente pour ne pas que l’histoire se répète.
Les élections qui
arrivent dans 3 mois sont importantes.
Nous devons faire
partager autour de nous l’importance d’aller voter,
pour barrer la route à l’UMP et au FN dans leurs projets
libéraux.
Il nous faut retrouver une société empreinte de justice sociale et l’espoir en l’avenir.
L’humain doit redevenir la priorité des priorités dans toutes les décisions prises au plus haut niveau et ce jusqu’au parlement européen.
Il en va de
l’avenir d’une société faîte par les hommes et pour les
hommes.
La CGT le 30 janvier
2012



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